La Vie Charentaise 15 juin 2017 à 08h00 | Par E.B.

Ils créent leurs semences paysannes pour plus d’autonomie

Un Groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE), nommé Maison de la semence paysanne Poitou-Charentes, a vu le jour en début d’année. Il réunit huit agriculteurs de l’ex-région Poitou-Charentes adhérents à l’association Cultivons la Bio-Diversité, et bientôt cinq de plus.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le 13 juin, Éric Germond a présenté à une trentaine de personnes sa parcelle d’essais en maïs population.
Le 13 juin, Éric Germond a présenté à une trentaine de personnes sa parcelle d’essais en maïs population. - © Estelle Bescond

« C’est sûr, c’est plus compliqué et on prend plus de risques. » Éric Germond, éleveur de vaches allaitantes à Chabanais en Charente limousine produit ses semences de maïs à la ferme.

Tout a débuté en 2010, avec une formation organisée dans la Vienne par Cultivons la Bio-Diversité (CBD) en Poitou-Charentes, association régionale regroupant 320 adhérents en 2016, des jardiniers amateurs et agriculteurs.

Il s’est essayé au maïs population sur 30 ares, puis sur 8 ha l’année suivante, pour arriver, en 2012, à une production totale en maïs population. Grâce à ce travail de création de semences paysannes autoconsommées, couplé à un pâturage tournant dynamique mis en place dès 2005, Éric Germond parvient à une quasi-autonomie alimentaire pour ses 57 limousines et leurs veaux.

L’éleveur part d’un principe simple : « Tout ce qu’on ne produit pas est plus cher. » Avec ses semences rustiques « moins exigeantes et plus résistantes aux maladies et à la sécheresse », selon Élodie Helion animatrice de CBD, Éric Germond a réduit ses coûts de production.

« Mes collègues ont des charges d’environ 500 €/ha alors que moi je suis à 120 €/ha. Par contre, ça me demande plus de temps car au lieu de traiter, je bine et j’utilise une herse étrille. Quand eux passent 15 minutes à traiter, moi je passe 2h30 dans mon champ. » Son travail de sélection et de multiplication des variétés demande également du temps : une semaine par an passée à l’autoproduction de semences.

Capitaliser les informations

Le groupe auquel il appartient a été reconnu Groupement d'intérêt économique et environnemental (GIEE) en début d'année et a été présenté officiellement le 13 juin dans sa ferme. Grâce à ce GIEE, l'association CBD va pouvoir suivre l'évolution des pratiques des agriculteurs, capitaliser toutes leurs données (surface en semence paysanne, variétés, types de sols...) et confectionner des fiches techniques afin d'aiguiller les futurs...

... Lire notre article en page 7 de La Vie Charentaise du 15 juin.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La Vie Charentaise se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui