La Vie Charentaise 24 août 2017 à 08h00 | Par A.M.

Le cognac vole de record en record

Jean-Bernard de Larquier, président du BNIC, commente les derniers bons chiffres des ventes de cognac et ne se montre pas inquiet sur les capacités de la région à alimenter les marchés à l’avenir en dépit d’une récolte 2017 qui s’annonce encore déficitaire.

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Jean-Bernard de Larquier, président du BNIC.
Jean-Bernard de Larquier, président du BNIC. - © Alexandre Merlingeas

Les derniers chiffres des ventes de cognac montrent une progression historique sur l’ensemble des zones géographiques. Quelle est votre analyse ?

Jean-Bernard de Larquier : C’est un peu ce que l’on s’imaginait. Si on analyse l’Amérique et la zone Alena, on est sur une tendance lourde depuis de nombreuses années qui s’accentue avec cette tendance à la consommation d’alcool brun qui nous est très favorable. Les gros investissements réalisés par les négociants, en particulier le leader Hennessy, portent leurs fruits. D’autres opérateurs se placent fortement sur le marché américain, ce qui booste les chiffres.

Pour l’Extrême-Orient, je suis très satisfait de ce qui se passe mais je le pressentais pour y avoir été régulièrement. On a une vraie attente du consommateur par rapport au cognac. On a eu cette période difficile après les décisions du gouvernement sur les mesures anti-ostentatoires en Chine qui nous ont beaucoup pénalisées. On espérait que les affaires repartent et cela est arrivé plus vite qu’on ne l’imaginait.

Le positif est qu’on est sur un redémarrage de vraie consommation. Autant le marché d’avant la crise était un peu surfait par les entreprises et l’État, lors de grands repas avec des récompenses d’entreprises à leurs salariés. Alors que là, on est sur une vraie consommation des Chinois qui achètent leurs bouteilles. Ce qui a une incidence sur le niveau de qualité des produits vendus. On est plutôt sur des VSOP, plus que sur du XO.

Où je temporise un peu ce marché, c’est que je pense qu’un certain nombre d’entreprises ont anticipé la mise en place du nouveau certificat sanitaire à compter du 1er octobre et ont expédié davantage de cognac que les besoins. Les derniers chiffres sur cette zone sont sûrement un peu gonflés pour cela. On risque de voir les choses se calmer dans les mois à venir.

Reste l’Europe où l’on avait une interrogation sur notre premier marché, l’Angleterre, quant à son comportement après le Brexit. Nos entreprises locales ont eu un très bon comportement après la chute de la livre sterling en n’augmentant pas leur prix pour compenser la perte de marge. S’ajoute à cela une économie anglaise qui ne se porte pas si mal que cela, le marché s’est tenu. Le marché allemand, qui est important, a redémarré, ainsi que le marché russe.


Se pose alors la question de l’approvisionnement de ces marchés avec une récolte 2017 qui s’annonce déficitaire...

J-B.L : On sait que l’on va avoir des difficultés car on n’aura pas la récolte dont on aurait besoin. Il faut relativiser car on a un gros stock de 4,4 millions d’hectolitres d’alcool pur. Les entreprises ont la capacité de jongler entre les stocks, de changer un peu les coupes. Je pense qu’il y aura certains contingentements sur les VS dans les deux années à venir pour être sûr d’avoir les marchandises pour faire les VSOP et les XO des années suivantes. Le manque de la récolte 2017 sera compensé par l’utilisation de comptes légèrement plus vieux pour alimenter les VS ou les VSOP. Cela va augmenter un peu le prix de revient mais les entreprises peuvent le supporter en ce moment.


Les premières estimations pour cette récolte prévoient une baisse de 30 %. Quel est votre avis ?

J-B.L : Actuellement, on voit que les grappes et les raisins sont beaux. On peut espérer que ces - 30 % soient minorés. C’est difficile à prédire. Ce qui est sûr, c’est qu’on aura un déficit. On n’arrivera pas à rattraper toutes les vignes gelées qui n’auront pas de récolte ou peu. Si on a la chance d’avoir une belle récolte avec de beaux raisins, ce qui est le cas pour le moment, moins faible qu’annoncée, en y ajoutant la réserve climatique et le stock, on doit être en capacité de gérer cela tous ensemble. Par contre, il ne faut pas qu’on ait un nouvel aléa...

Chiffres : 190,2 millions de bouteilles expédiées entre le 1er août 2016 et le 31 juillet 2017 pour un chiffre d'affaires de 3 milliards d'euros.

...Retrouvez l'intégralité de notre interview et les chiffres des expéditions du cognac dans notre édition du 24 août, en pages 3 et 12.

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