La Vie Charentaise 17 mars 2016 à 08h00 | Par Sylvain Desgroppes

La Chambre régionale d’agriculture entre difficultés et espoirs

Autour de la première session de la chambre d'agriculture régionale, une après-midi de débats a été consacrée à la conjoncture économique agricole.

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Pierre Delfaud, professeur émérite en sciences économiques à l'université de Bordeaux, a présenté la grande région ALPC.
Pierre Delfaud, professeur émérite en sciences économiques à l'université de Bordeaux, a présenté la grande région ALPC. - © Sylvain Desgroppes

Ce vendredi 11 mars se tenait à Bordeaux la première session de la chambre d'agriculture régionale Aquitaine Limousin Poitou-Charentes. Les élus ont profité de l'après-midi pour échanger autour de la conjoncture économique pour cette nouvelle région, poids lourd français et européen dans de nombreuses filières.

Les services de la Draaf et de la chambre régionale d'agriculture ont présenté pour chacune des nombreuses filières de l'agriculture ALPC, la dynamique actuelle et les enjeux pour 2016. Dans une ambiance plutôt morose où la plupart des filières sont en difficulté.

En cause, l'embargo russe qui bloque de nombreux marchés potentiels à l'export, les incertitudes autour du traité transatlantique, mais aussi le besoin d'une meilleure répartition de la valeur ajoutée, d'une simplification administrative et d'une régulation des marchés.

Sans oublier que pour la plupart des filières, malgré un maintien global des volumes de production et une baisse des intrants, la baisse des prix notamment ne permet pas de se sortir des difficultés économiques. Et les crises dans l'élevage, de la fièvre catarrhale ovine à l'influenza aviaire, n'ont pas amélioré la situation…

 

Les filières végétales

En grandes cultures, l'année 2015 aura été compliquée, avec une tendance à la baisse des prix, et une influenza aviaire qui a fait chuter la fabrication d'aliments. Parmi les principaux enjeux, la question de la montée en gamme des produits pour faire face à la concurrence, et la segmentation des marchés, pour mieux répondre à la demande d'opérateurs privés.

Pour la filière des vins et eaux-de-vie (cognac), l'une des rares en bonne santé, les spécialistes ont pointé du doigt le besoin d'anticiper le changement climatique et de maintenir la qualité, face à la montée en gamme mondiale.

La filière des fruits et légumes est l'autre point positif en végétal, avec là encore, de belles perspectives d'avenir autour de filières de niche, mais aussi de vrais marchés locaux à prendre dans la restauration collective.

 

Les filières animales

Sans surprise, les difficultés sont surtout concentrées sur les filières animales pour l'agriculture de la région ALPC. Dans la filière lait, c'est surtout en bovins que les difficultés sont les plus importantes, alors qu'il s'agit de la principale filière de production laitière régionale. En lait de chèvre et lait de brebis, la légère hausse des prix maintient une dynamique, soutenue par la consommation en hausse.

En filière viande, les difficultés sont quasiment généralisées. En bovins, malgré la baisse des intrants, la chute des prix a généré une baisse des revenus, à laquelle s'est rajoutée la crise de la Fièvre Catarrhale Ovine. Si la filière ovine est en meilleure santé que les autres, celle des porcins est en grande difficulté, avec un revenu courant avant impôt négatif jamais vu depuis 2003. En cause notamment, l'embargo russe.

Pour les palmipèdes, la filière est stable, comme le prouve le maintien de l’abattage. Enfin, en volailles, la grippe aviaire a compliqué la situation, et les enjeux sont importants dans la capacité qu'aura la filière à se relancer à la sortie du vide sanitaire, pour aller reconquérir des marchés perdus.

Dans ces filières animales, les solutions de sorties de crise sont souvent les mêmes : se diversifier en lait de chèvre et de brebis, se tourner vers la promotion de produits régionaux en lait de vache. Une démarche qualité qui est la même en viande, avec le besoin de mettre en avant les signes de qualité, comme l'IGP Porc du Sud Ouest, et de défendre cette qualité par une information sur l'origine des viandes dans les produits transformés.

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