La Vie Charentaise 25 février 2016 à 08h00 | Par A.M

Relancer des projets collectifs de bâtiments photovoltaïques en Charente

Après plusieurs projets réalisés depuis 2013, des exploitants veulent lancer en Charente une nouvelle vague de construction mutualisée de bâtiments agricoles avec du photovoltaïque. Une réunion d’information aura lieu le 4 mars à 14 h à la salle des fêtes de Lésignac-Durand.

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Le 1er août 2013, Joëlle Michaud, présidente d’Agrisoleil 16, et Thierry Vitel, éleveur à Saint-Quentin-sur-Charente, présentait un des premiers bâtiments photovoltaïque finis de 54 mètres de long sur 12 mètres de large.
Le 1er août 2013, Joëlle Michaud, présidente d’Agrisoleil 16, et Thierry Vitel, éleveur à Saint-Quentin-sur-Charente, présentait un des premiers bâtiments photovoltaïque finis de 54 mètres de long sur 12 mètres de large. - © Alexandre Merlingeas

« Pour le monde paysan en crise le photovoltaïque est un moyen de répondre à des besoins en bâtiment à moindre coût et d’investir. Une agriculture qui n’investit pas perd en compétitivité. En Allemagne, ils sont très en avance sur nous dans ce domaine », explique Bernard Michaud, éleveur à Chabanais, qui était un des agriculteurs à la base de la première SAS Agrisoleil 16.

Présidée par son épouse, Joëlle, la structure avait permis à 10 bâtiments d’une puissance de 100 kilo watt crète de voir le jour à partir de 2013 chez 9 éleveurs de Charente-Limousine. Une deuxième SAS avait été créée par la suite avec trois autres constructions à la clé.

La SAS dont les agriculteurs sont actionnaires, moyennant un apport à hauteur de 20 % de l’investissement, construit les bâtiments et exploite les panneaux. L’agriculteur est propriétaire et utilisateur du bâtiment mais délègue la gestion du projet, le financement et l’exploitation à la SAS. L’idée de ce mode de fonctionnement consiste à mutualiser les coûts avec des bâtiments standardisés qui permettent d’optimiser le rapport charges/produits. Sur les premières constructions, l’investissement était couvert par la production d’électricité, sauf le terrassement qui restait à la charge de l’agriculteur.

Bernard Michaud, éleveur à Chabanais.
Bernard Michaud, éleveur à Chabanais. - © Alexandre Merlingeas

Un équilibre économique différent

À l’époque, le tarif de rachat de l’électricité par EDF s’élevait à 18,40 centimes d’€ le kWh. Ce prix est bloqué sur 20 ans si la réalisation du bâtiment se fait 18 mois après la demande. Depuis, il a bien baissé, et se trouve aux alentours des 13 centimes d’€ et baisse de 2 % tous les 3 mois pour les installations d’une puissance entre 36 et 100 kWc. D’où l’intérêt de monter des projets rapidement pour arrêter des tarifs plus avantageux. « Il faudra trouver un équilibre économique différent, reconnaît Bernard Michaud. Nous voulons réunir les gens le 4 mars à Lésignac-Durand pour recenser les projets des agriculteurs. Nous avons déjà eu des contacts avec des groupes d’agriculteurs intéressés en Nord Charente et dans le sud. Cette fois-ci, nous voulons toucher l’ensemble de la Charente et toutes les productions agricoles pour créer un groupe. Après, on verra le nombre de SAS qui sera monté. Nous avons le recul de l’expérience des deux précédentes SAS et puis aussi celui d’Agrisoleil 86 avec son directeur de projet, Benoît Mathieu, avec lequel nous travaillons, et qui est déjà à l’origine de la construction d’une centaine de bâtiments en Charente, dans la Vienne et dans l’Indre ».

Autre souci de taille : le coût de raccordement par ERDF (environ 10 % de l’investissement total) a explosé ces dernières années. Il peut varier très fortement d’un projet à l’autre (de 7 000 € à 80 000 €).

Parfois, les retards pris par ERDF dans la mise en œuvre du raccordement ont bien failli invalider le contrat avec EDF, et donc le tarif d’achat de l’électricité établi. De quoi faire plier les volontés les plus hardies !

Les taux d’emprunt bas des banques sont un avantage dont il faut profiter actuellement. « Il faudrait arriver à faire passer la durée d’emprunts de 15 à 20 ans, ajoute l’éleveur de Chabanais. Sur le coût de raccordement qui était mutualisé en faisant une moyenne dans les précédents projets. Cette fois-ci, la SAS pourrait n’en payer qu’une partie et le reste serait à la charge de l’agriculteur. Dans notre première SAS, le coût de rachat de l’électricité couvrait la construction du bâtiment et l’installation de la centrale avec les panneaux et les onduleurs. Cette fois-ci, même si cela ne couvre que les trois quarts de l’investissement, cela vaudra quand même le coup de le faire ».

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